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Comment pratiquer la gravure en creux


Le but est de déposer, par pression sur le papier, de l'encre restée dans les creux d'une plaque (après encrage et essuyage). La gravure au poinçon ou au burin sur cuivre est la plus ancienne. L'acier doux était utilisé pour les grands tirages, le fer et le zinc peu employés. La gravure sur cuivre est apparue surtout au XVIe siècle, bien qu'aussi ancienne que la gravure sur bois. Seulement le bois ne permettait plus d'obtenir la finesse de trait nécessaire au dessin technique et scientifique qui se répand alors. Les textes composés en typo étaient imprimés d'abord à part, puis les illustrations gravées en hors-texte, ou en fin de volume. Pour les travaux d'art, on imprimait les gravures en place, puis le texte en retirage, procédé encore employé. Le procédé sur cuivre est resté un procédé réservé à l'ex­pression artistique.

Les moyens

- La gravure directe au burin ou à la pointe sèche, demande une main sûre.
- La gravure "chimique" à l'eau forte : le poinçon gratte un vernis protégeant le métal, qui est ensuite "creusé" par l'acide versé dessus.

Le tirage

A la presse à bras pour les travaux artistiques. La plaque est encrée, essuyée soigneusement, recouverte de la feuille de papier humide, d'un mol­leton absorbant l'humidité, et donnant la souplesse à la pression. L'ensemble, passé entre deux cylindres qui exercent la pression nécessaire au transfert de l'encre. L'épaisseur d'encre contenue dans les creux permet de donner le "modelé" et le "demi-ton" aux gravures réalisées. (voir "L'encyclopédie de Diderot", les illustrations de Daumier-Gustave Doré, les gravures de la revue "l'Illustration", etc.).

Dérivés de la gravure en creux

Le timbrage


Il permet de réaliser une empreinte en relief dans le support (papier, carton, cuir) et de l'encrer simultanément. Un 2e passage sans encrage donne du brillant au relief.

Le gaufrage


Il permet de réaliser une empreinte en relief dans le support, mais à sec, sans apport d'encre. Les gaufrages à sec peuvent apporter une certaine note de discrétion et d'élégance pour les cartes de visite, en-têtes, mailing de haut de gamme.

Ces deux procédés nécessitent évidemment un contre-poinçon qui formera l'empreinte correspondante aux creux et reliefs. Le poinçon de gaufrage est gravé dans un métal (bronze, acier) la contrepartie en relief peut être en carton dur ou matière plastique.

L'Héliogravure, la rotohéliogravure... actuellement l'"Hélio". Principe: identique à la taille douce, mais les plaques sont remplacées par des cylindres gravés.

Historique

Les tissus, contrairement au papier, étaient livrés en bobines, et on les imprimait à la planche, par report, travail long, délicat.
Oberkampf, en 1760, fonde la manufacture des toiles de Jouy et imprime avec des cylindres gravés, des indiennes, calicots et les célèbres décors de Jouy. Les motifs, en creux sur le cylindre de cuivre, les creux se garnissant d'encre par barbotage dans un réservoir, étaient essuyés par une racle.

Le principe était là, (mais ce n'est qu'en 1910 que fût imprimé le 1er journal en Hélio en Allemagne).

Une étape était franchie en 1860, où Auguste Codchaux appliqua au papier en bobines le procédé inventé à Jouy. Il mit au point une machine qui ne servait qu'à imprimer des réglures pour des cahiers d'écoliers.
Cette machine fonctionna jusqu'en 1940 ! L'encre étant extrêmement liquide, la racle aurait "vidé" les lignes gravées si elles avaient été continues. Une astuce technique permettait de parer à cet inconvénient: le trait était "interrompu" et cela empêchait la racle de tomber au fond du filet. C'était au point, mais la gravure étant manuelle, le nombre de travaux était restreint.

En 1878, Klietsch, en Bohême, découvre un principe voisin de l'aquatinte (1765) qui permet par l'intermédiaire d'une résine photosensible, de protéger le métal ou de le dépouiller à l'acide, à l'endroit voulu. On utilisa ce procédé surtout en Hélio "à plat". Les photos à l'époque étaient sur feuilles de verre, il n'était pas encore possible de graver des cylindres par ce procédé.

Les procédés de gravure photo-chimique, électronique et la photocomposition ont permis de développer le procédé par l'intermédiaire d'une trame Hélio. Cependant, le coût des cylindres à garniture de cuivre n'en permet l'emploi que pour des tirages élevés. (Paris-Match, France-Soir magazine, Sciences et Vie, etc.). Le papier doit être assez absorbant (qualité «Bouffant") pour s'imprégner de la totalité de l'encre contenue dans les alvéoles. L'impression en couleurs est possible. Il est donc nécessaire d'avoir un cylindre gravé par couleur. La profondeur du creux peut varier de 3 à 6 µ mètres pour les gris clair à 50-60 µ mètres pour les gris les plus appuyés.

En général, l'œil non exercé ne peut distinguer l'impression hélio. Contrairement au tramé offset qui apparaît en hélio, les lignes blanches qui devraient apparaître entre les points imprimés sont très atténuées, car le papier utilisé ayant une certaine porosité, et l'encre étant plus fluide qu'avec les autres procédés, ces lignes sont plus ou moins "envahies" par l'encre, deviennent plus ou moins grises et se fondent dans le motif imprimé. (voir le chapitre photogravure)